Journées nationales de l’archéologie-16 et 17 juin 2018 

La forge de La Chapelle St Robert.

Par Mr Serge baron, le 06 Juin 2018

Situation géographique.

Elle est située à l’extrême ouest du département de la Dordogne, sur la rive gauche du Bandiat, à 100 m de la route départementale  d’Angoulême à Nontron (D75) et au bord de la D92.

Coordonnées GPS : l= 45°35’07’’, L=0°31’37’’, Alt= 116m

Quelques propriétaires dans l’histoire.

Elle est mentionnée pour la première fois vers 1533, lorsque Damoiselle de SAINT-MARTIN, épouse un du FAURE seigneur de Beauvais. En 1583, Salicque de FONTLEBON, écuyer sieur de La Chapelle St Robert, épousait Marie de la BOISSIERE.

Sa petite fille, noble, Marie de FONTLEBON, fille de Charles, maître de camp, seigneur de la forge de La Chapelle, épouse Léonard de LAMBERTIE, chevalier et propriétaire de la forge de L’Espinasse, en Limousin, capitaine au régiment de Navarre, et lui porta la forge de La Chapelle St Robert. 

Reconstitution de la forge à partir d'une photographie de 1885.

Le 9 novembre 1741, ce dernier reçoit une lettre de Versailles, par laquelle le ministre le remercie de l’offre qu’il fait de « ..fondre de ce jour au mois d’août de l’année suivante, 150 canons de 8 pour le port de Rochefort, sans avance.. »Son fils Jacques, également seigneur de Marval et de La Chapelle St Robert, est marié à Damoiselle Françoise de La ROCHEFOUCAULD, dame de Fontpastous.

L’équipement de la forge.

Elle était équipée à son origine que d’un seul fourneau.  En 1751, le marquis de Montalembert y fit construire deux magnifiques hauts fourneaux. Elle possédait une belle machine à forer et tourner les canons et une affinerie. Elle s’inscrivait dans le projet de complexe industriel émis par le marquis auprès de l’autorité royale.

Elle avait une soixantaine d’ouvriers. 

Son célèbre maître de forge, Blanchard de Ste Catherine

Blanchard de Ste Catherine, fils du juge de paix de Montbron, devint au fil des ans, un marchand important de mine et de charbon de bois. Il faisait tirer la mine, cuire le charbon de bois de ses propriétés. Toute cette production était vendue aux maîtres des forges voisines, et lui permis de d’acquérir une respectable fortune.

Il se maria en 1739 à Magdelaine Dereix, fille de Dereix des Rivières qui possédait la forge de La motte, en aval. Ils eurent sept enfants.

Devenu maître de forge, par pugnacité et sans doute par ambition, il permit à sa forge de devenir  l’une des plus importantes du royaume. Entre 1761 et 1765, 841 canons de tous calibres, furent coulés dans cette forge.

Ils représentaient une masse de 1994 t de produits finis et beaucoup de labeur de la part des ouvriers fondeurs. 

Les moulins de la forge bénéficiaient des eaux du ruisseau de Tüjat pour renforcer sa puissance.

 

 

Elle a progressivement cessé cette importante activité à partir de 1772, suite au décès de son célèbre maître de forge Blanchard de Ste Catherine. « Il fut un bel exemple de loyauté, de probité ; il est regrettable qu’il ait été victime de la carence de l’Etat, l’empêchant, d’avoir une fin de carrière qu’il méritait par les immenses services rendus au pays ». 

Il eut d’excellents rapports avec le sieur Maritz Inspecteur général des forges et fonderies de canons pour la Marine royale.

Les années 1760 connurent l’apogée de la production de la forge. Blanchard soucieux d’améliorer sa condition sociale entretenait des relations épistolaires avec le Duc de Choiseul. Il fut même protégé par le Duc d’Orléans et « Adélaide », la fille de Louis XV.

Mais en 1770, des problèmes de santé, la diminution des commandes, d’autres impayées sonnèrent le déclin de Blanchard.

Il mourut le 29 mai 1772, âgé seulement de 49 ans.

 

Le plan de la forge en 1857.

Les canons de La Chapelle à travers le monde.

         Une batterie côtière à la Guadeloupe., dont plusieurs de ses canons (Photo ci-contre) portent la marque de Louis Blanchard de Sainte Catherine, Maître de Forge à La Chapelle Saint Robert, en 1760. (Coll M.Vazquez)